lundi 24 mars 2014

Gabrielle : Un éloge à la différence malheureusement teinté de mépris



Avez-vous remarqué que notre société se targue d’être l’une des moins discriminatoires au monde? Combien de fois, entend-on les bien penseurs dire que le Québec c’est l’endroit où on intègre le mieux ceux qui sont différents?  De bien belles paroles, oui mais quand il est question de passer de la parole aux actes, le discours est tout autre, surtout dans la monde télévisuel.  

Je sais de quoi je parle car j’ai été à même de le constater « de visu » parce que j’ai fait une incursion dans le cruel monde de la télé, il y a quelque temps. Pas dans les normes : trop âgée. Ouf! 48 ans et déjà trop fanée? Je suis restée sonnée et je trouve que c’est assez ordinaire comme excuse.  Surtout me faire dire qu’à 110 livres, il surtout  ne faut pas que j’engraisse sinon j’aurai  l’air d’un boulet.  C’est  assez délicat comme remarque, n'est-ce pas?  Être diplomate ou faire preuve de charité chrétienne ne fait décidément pas partie de son cv, malheureusement.  Le monsieur en face de moi est beaucoup plus âgé que moi, et certains le qualifierait même de  « mononcle » mais moi je n'utilise pas ce langage là, je suis trop polie. Il a pourtant le visage bien plissé, et le crâne assez dégarni. Mais ce n'est pas grave car c'est un homme et que ces éléments-là, ça ne compte pas à la télé car c'est un membre de la gent masculine.

Je complète pourtant une maîtrise, je ne suis pas complètement illettrée quand même, et des entrevues, j’en ai faites plus souvent qu’à mon tour comme enquêteur dans les différents ministères.  C’était mon quotidien, mais ça ne compte pas tout ça car ce qu’il faut aujourd'hui dans les médias, c’est être jeune et jolie, (même si je ne me considère pas laide pour autant et que d'autres m'ont confirmé que je ne l'étais pas) mais surtout, se contenter bêtement de faire ce qu’on te dit même si cela implique que tu n’aies pas l’expérience nécessaire ou que ton langage soit digne d'un ado boutonneux en pleine crise et plus encore, que tu ponctues le bulletin de nouvelles d’expressions pas du tout professionnelles comme « genre » ou « rapport » ou encore, « Tsé! ».  Mes pauvres oreilles! Je crois que je vais attraper une otite langagière,vite la zapette.

J’ai décidé de changer de chaîne et de visionner des infos dignes de ce nom, même si un ami m’a gentiment traitée de snob parce que je syntonise « l’autre chaîne » mais là où je veux en venir, c’est au cas de la jeune comédienne Gabrielle Marion-Rivard. Gabrielle souffre d’une déficience intellectuelle et a tout de même réussi à jouer brillamment un rôle au cinéma québécois et je dois avouer que je la trouve pas mal bonne, non seulement comme comédienne, mais aussi comme communicatrice. Le sourire contagieux, le regard qui pétille et pas la langue dans sa poche, cette femme différente m’épate. 


Cette jeune fille mérite toute notre admiration (en tout cas, elle a la mienne) car elle a dû faire face à des préjugés toute sa vie et elle part de beaucoup plus loin que toutes ces comédiennes-là, Gabrielle. Gabrielle, n’a pas été au Conservatoire d’art dramatique pas plus qu’elle n’a suivi de cours de diction ou de cours en communication. Elle a tout simplement été elle-même et a joué avec ses tripes. L’autre jour, interpellée par un journaliste à la télé, lors d’une soirée dédiée aux artistes,  Gabrielle a dû livrer une entrevue en direct. Aie! Aie! Aie!  J’entends déjà les gens bourrés de préjugés et les « pas gentils » dire qu’elle ne devait pas être « ben ben bonne » à cause de son handicap.  J’avoue que je n’en croyais pas mes oreilles. Même pas besoin de mettre des bouchons pour les protéger des énormes accros à la langue française. J’en suis restée bouche bée car Gabrielle, elle s’exprime  très bien même si certains disent qu’elle n’a pas de filtre.

Je lui lève mon chapeau à Gabrielle car elle m’a épatée et moi, il m’en faut beaucoup pour m’épater en communication car je suis très exigeante au grand désespoir des gens qui m’entourent. En plus, je suis accro aux mots et allergique aux fautes d’orthographe et aux erreurs langagières. Gabrielle s’est exprimée avec brio et je dois avouer qu’elle n’a absolument rien à envier à certains animateurs ou journalistes débutants qui bafouent à l’écran. Quelle présence! Pourquoi alors, ne fut-elle pas en nomination dans se catégorie?  Pourquoi pensez-vous? Parce qu’elle ne correspond pas aux exigences de « Télécino » qui exige de nous qu’on soit très photogénique mais « bebête » pour se fondre dans le moule de la réalité télé et non dans celui de la téléréalité.  Voyons donc, c’est absurde!  Se priver du talent de quelqu’un parce qu’il n’est pas dans les normes dictées par les médias, personnellement, je considère que c’est tout à fait ridicule et que les gestionnaires qui valorisent ce genre d'attitude ne mérite que mon mépris. 

Gabrielle, moi je t’encourage à continuer dans cette voie et à poursuivre tes rêves car tant que des gens comme toi se battront contre les préjugés, ceux qui ne correspondent pas aux modèles dictés par les médias pourront rêver. 

Pour ma part, je compte bien m’inspirer de Gabrielle et faire ma place où elle se doit d’être faite dans le milieu moins branché mais plus sérieux du monde des affaires avec des hommes et des femmes  qui n’en auront que pour mes compétences et non, pour la taille de mon bonnet de soutien-gorge ou ma jeunesse. D'ailleurs, ces entrepreneurs  au MBA bien senti ne me regardent jamais de haut et sont bien contents de pouvoir compter sur moi car ils apprécient mes talents de rédactrice spécialisée dans le domaine de l'administration des affaires et des finances. Ils apprécient aussi mon expérience passée à éplucher des états financiers.

Personnellement, je préfère avoir les bonnets de soutien-gorge moins remplis mais le cerveau bourré de connaissances, sans artifices. Et pour le monsieur qui a fait des commentaires sur mon physique ingrat de 110 livres et mon âge encore plus ingrat, je lui dirai qu’il y a une certaine justice sur cette terre car on finit tous par vieillir et que le jour où j’en aurai marre de la taille de mon soutien-gorge qui me donne l’allure d’une jeune fille, je pourrai sortir les feuillards de mon compte bancaire pour remédier à la situation mais que malheureusement,  pour ses nunuches, les greffes de cerveau n’existent pas.  Je pourrai donc continuer à travailler, moi. 

En passant, cher monsieur,  mon blog est lu par des gens de toutes origines car j'ai des lecteurs en provenance de huit pays, et même des pays émergents, moi. Je suis déjà à l'heure de la mondialisation alosr que toi, tu es toujours local?  Est-ce que des auditeurs polonais ou allemands visionnent ton bulletin de nouvelles, toi? Je parie que l'acronyme qui compose le nom de ta station, ils croient que c'est l'acronyme de la taxe sur la valeur ajoutée. Sur ce, je tire ma révérence et j'espère qu'un jour, il se rendra compte que les connaissances,  l'expérience et surtout, les aptitudes ça ne s'achète pas et que c'est censé venir avec le « package deal » quand on embauche un employé. Malheureusement, ça n'apparaît pas par magie.

jeudi 20 mars 2014

Quelques petits trucs fiscaux de dernière minute



Le printemps arrive officiellement aujourd’hui à 16h57 mais à voir toute cette blancheur qui couvre le sol, on se croirait en plein mois de janvier. Toutefois, qui dit printemps, dit déclaration de revenus et cette dernière, contrairement à ce printemps qui se laisse désirer, nous rattrape à chaque année et bien malchanceuses les marmottes qui tenteraient de se délester délibérément de leurs obligations fiscales en restant bien calées au fond de leur terrier. Car si l’hiver qui perdure vous rend « grumpy », ce n’est pas une raison pour ne pas produire votre déclaration de revenus puisque vous vous retrouverez en face d’un vérificateur encore plus « grumpy » que vous. 

Évidemment, il s’agit d’une tâche que peu d’entre nous entreprennent de gaieté de cœur. C’est long, fastidieux et parfois difficile de bien saisir les amendements aux lois fiscales et plusieurs contribuables bien que de bonne foi, croient avoir droit à certaines déductions alors que ce n’est pas le cas et d’autres ignorent certains crédits. En plus, comme citoyens du Québec, nous sommes vraiment privilégiés car nous devons produire deux déclarations plutôt qu’une. Lors d’un précédent billet, je vous ai informé de différents programmes sociofiscaux mais aujourd’hui, je vais vous donner quelques petits trucs qui permettront à certains d’entre vous d’économiser quelques sous sans soulever la grogne des vérificateurs. Certains de ces trucs par contre, devront être mémorisés car il faut les appliquer avant le dernier jour de février de l’année suivante.

Vous fêterez votre 71ème anniversaire cette année?
Faites une dernière contribution à votre REER, car tout titulaire d’un REER doit y mettre un terme au plus tard le 31 décembre de l’année civile au cours de laquelle il atteint l’âge de 71 ans afin de le  transférer dans un fonds qui lui permettra de le décaisser comme un FRV, par exemple. Vous allégerez ainsi votre fardeau fiscal tout en gonflant vos avoirs.

Cotisez au REER de votre conjoint

Vous atteignez la limite d’âge pour cotiser ou vous avez atteint le plafond de vos cotisations REER? Je vous suggère donc de cotiser au REER de votre conjoint afin de réduire à la fois votre revenu imposable et votre charge fiscale. De même, même si vous n’êtes ni dans l’une, ni dans l’autre des situations précédentes, vous auriez intérêt à le faire si l’un de vous gagnera beaucoup moins que l’autre à la retraite.  D’une part, vous y gagnerez immédiatement en économie mais au moment du retrait, vous la charge fiscale sera moins lourde puisque ce sera le conjoint qui effectuera le retrait qui sera imposé. N’oubliez toutefois pas qu’il s’agit d’un geste purement altruiste car vous ne pourrez récupérer le montant investi en cas de séparation. 


Investissez au nom de votre enfant mineur

Si vous transférez des sommes ou faites un prêt d’argent à votre enfant mineur, vous serez imposé sur les intérêts et les dividendes acquis. Toutefois, si vous achetez des actions de compagnie au nom de votre enfant mineur, dès son jeune âge, le rendement accumulé sera à l’abri de l’impôt jusqu’à sa majorité soit le moment auquel il pourra commencer à faire des retraits en capital en plusieurs montants raisonnables échelonnés sur plusieurs années et ces gains en capital seront imposés à moindre taux que s’il encaissait la somme accumulée en une seule fois.  Le mieux étant de faire les encaissements alors qu’il est encore aux études.


Payez votre étudiant de plus de 19 ans pour qu’il accomplisse certains travaux pour vous

Plutôt que de confier certaines tâches à des étrangers, confiez-les à votre enfant majeur aux études. D’accord, je sais que cela n’allégera pas votre fardeau fiscal à vous mais si vous exigez qu’il vous remette des reçus et qu’il déclare ses gains au fisc, il pourra bénéficier de crédits remboursables comme le crédit pour la TPS et la prime au travail. Bien que cela ne vous donne rien de plus à vous, la maisonnée bénéficiera tout de même de gains supplémentaires.


Remboursez vos retraits REER si vous avez profité du RAP

Si vous avez bénéficié du RAP (régime d’accès la propriété) pour acheter votre première maison, faites vos remboursements. Vous disposez de 15 ans pour rembourser les retraits. Si vous ne le faites pas, vous serez imposé sur le montant annuel que vous auriez dû rembourser.


60 ans et plus : partagez vos revenus avec votre conjoint

Si vous êtes âgé de 60 ans et plus et que vous bénéficiez des prestations de retraite du gouvernement fédéral, sachez que vous pouvez fractionner vos revenus de pension du fédéral avec votre conjoint. Ceci pourrait s’avérer très avantageux, surtout si votre conjoint n’a aucun gain à déclarer.


Comme vous pouvez le constater, il s’agit de trucs simples à mettre en pratique et qui ne requiert aucune connaissance particulière sinon de connaître leur existence.

lundi 10 mars 2014

Campagne électorale: Gauche, droite, gauche, droite…



Je m’excuse à l’avance pour ce billet car je suis consciente qu’il écorchera les oreilles de certaines personnes, mais je ne peux m’empêcher d’avoir une montée de lait vis-à-vis ce nouvel épisode du feuilleton M*A*S*H, version électorale. Vous vous souvenez de cette télésérie satyrique militaire dont les lettres signifiaient Mobile Army Surgical Hospital?  Pour moi, actuellement, c’est Mobile Abomination Starting Hallucinations. 

Non, mais comment suivre la cadence de cette marche militaire dirigée par madame Marois et qui, terminera son parcours, le 7 avril prochain?  Compliqué, dites-vous?  Je me demande si mon plus que lointain cousin, le général Dallaire, dirigeait ses bataillons ainsi. Gauche, droite, gauche, droite… Les vétérans ont quitté ou sont cloués à leurs fauteuils?  Pas grave, on sort les fantassins, les petits révolutionnaires qui arboraient fièrement  leur carré rouge (le rouge : couleur de la feuille d’érable  de notre drapeau canadien) durant le printemps érable.  

Tiens! On vire du rouge au bleu, tout à coup. C’est ce que j’appelle le «guidounage» politique et que d’autres, appelleront de l’opportunisme.  Parlant de printemps érable, il n’y pas que les érables qui ont coulé, cette année-là, l’encre aussi.  Rappelez-vous, les articles de journaux qui prenaient des airs de livres pour enfants. «Martine prône la gratuité scolaire», «Martine demande le gel des frais de scolarité en scandant sur une casserole».  Comme on dit, l’argent n’a pas d’odeur, qu’il vienne des prêts et bourses ou de la caisse du PQ.

Il me semble que ça ferait un nouveau tome à ma collection de livres de Martine : «Martine vire son capot de bord et moi, je m’emmerde» ou encore, «Martine tente d’expliquer à la FEUQ que c’est bien de dégeler les frais de scolarité et de couper dans les crédits d’impôt  pour études postsecondaires» .Toutefois, Martine, elle va se rendre compte, à la fin de sa campagne,  que ça fait mal quand ça dégèle, autant que chez le dentiste.  Ça fait surtout mal à l’orgueil. 

Au cours de la dernière campagne électorale, la première dirigeante féminine du bataillon péquiste clamait haut et fort qu’elle ferait du Québec un pays prospère qui se distinguerait dans la création d’emplois. Pire, qu’elle continuerait de creuser dans les tranchées commencées par l’ennemi en développant le plan Nord. La manne de l’emploi n’est pas passée en Estrie, en tout cas. À preuve, j’ai été obligée de créer mon propre emploi et 90% de ma clientèle est montréalaise.  Je comprends mal pourquoi une «no name» comme moi, mis à part le fait que j’ai une formation universitaire en administration, ait réussi à créer de l’emploi au Québec et à intéresser les gros de la métropole quand, la PM dispose de toutes les tribunes publiques pour faire savoir qu’elle veut faire travailler le Québec.  Il y en a eu quelques créations d’emploi, mais au mirobolant salaire horaire de 10.15$, de quoi se nourrir convenablement et surtout, accroître la motivation des salariés.

La PM se devait donc de sortir l’artillerie lourde pour se racheter, comme on dit. À court de munitions? Pas d’AK47? Pas grave, on sort le bazooka, modèle PKP, le modèle qui en fera baver aux Caquistes, aux Libéraux, à Québec Solidaire, mais surtout, aux gros bras de la FTQ.  Aussi, bienvenue dans le monde de la désinformation et je ne suis pas non plus certaine que les collègues du consortium vont être aussi neutres qu’à l’habitude. Il ne faut pas oublier que le patron se présente aux élections, ça cloue le bec de n’importe quel Martineau, ça. Et pour reprendre les paroles de mon ami, Louis, pourquoi ne pas nommer PKP, Ministre de l’emploi et de la solidarité sociale, tant qu'à y être? Si cela se produit, je vous prédis que Rambo va se présenter comme député au prochain scrutin.

Bref, après avoir discuté  de la présente campagne électorale avec  mon fils, qui étudie en politique internationale, celui-ci m’a avoué que la campagne actuelle est dirigée comme une république de bananes, « made in Quebec », pardon,  fabriquée en sol québécois, parce que les termes en anglais ne font pas partie du vocabulaire paulinien.  Comme ce vaillant jeune homme n’a pas la colonne molle comme Pauline, prête à faire des courbettes pour s’attirer des voix, il s’est rapidement senti interpellé par le contexte politique actuel et ensemble, nous avons regardé sur le web si des formations politiques avaient toujours des places disponibles dans notre circonscription.  Car, comme il l’a dit si bien : « Je ne peux être pire que ceux qui sont déjà en place». 

Sur ce point, j’avoue qu’il a entièrement raison, mis à part notre député sherbrookois au fédéral, Pierre-Luc Dusseault et le candidat caquiste de notre circonscription, Philippe Girard, il y a bien peu de gens qui se présentent en politique avec une formation en politique, en Estrie. Malheureusement, pour lui, aucune place disponible.  Et qu’aurait-il choisi, pensez-vous? Pas les clowns, comme notre ex Patapouf national car j’ai perdu mon emploi deux fois plutôt qu’une à cause de lui, pas le PQ, non plus, parce que comme plusieurs étudiants, il n’en a rien à cirer d’une matante qui «varge sur des chaudrons» pour te poignarder avec son couperet dans le dos, deux ans plus tard. La CAQ? Il ne sait pas, il ne connaît pas assez le programme et là, il jouerait dans les plates-bandes d’un autre étudiant en sciences po, car on habite la circonscription de Sherbrooke. 

«Il me resterait quoi, alors?», qu’il me demande.  Je le regarde du haut de mes quarante printemps et plus, lui qui n’en est qu’à son vingt-et-unième,  travaillant, persévérant, ne reculant jamais devant rien, athlète accompli, à qui un professeur de première année avait dit qu’il ne finirait jamais son secondaire et solidaire à son meilleur ami (depuis l’âge de 6 ans) qui a traversé bien des mauvaises passes et là, il ne me vient qu’un mot : «DEBOUT», l’ancien slogan de QS. 

Madame David, si vous cherchez un candidat persévérant,  honnête, qui a une formation en politique et qui ne courbera pas l’échine, j’ai celui qu’il vous faut. Là alors, vous pourrez remettre votre ancien slogan sur vos pancartes électorales et en prime, vous aurez un beau bonhomme très représentatif de votre parti car lui, il n’est pas comme votre principale adversaire, lui, il se tient DEBOUT!

mardi 4 mars 2014

2013: Annus horribilis pour les étudiants de niveau post-secondaire : Quand Pauline sort sa boîte de Pandore



Mamannnn… C’est le cri horrifiant que j’ai entendu en provenance de la chambre de mon fils au sous-sol.  Je croyais bien avoir à chausser mes espadrilles (je me promène toujours pieds nus) pour aller abattre une horrible bestiole poilue et menaçante de type arachnide, car mon fils en a une peur bleue, mais pas cette fois, heureusement ou malheureusement, selon que l'on doive débourser ou non.

Mon fils est la créature qui me fascine le plus sur cette terre. Heureux mélange entre un athlète de haut niveau et un solide bagage en politique internationale, il est le seul investisseur doué que je connaisse qui déteste les mathématiques mais qui réussit avec brio. Il est également le seul jeune homme que je connaisse qui est prêt à aller défendre sa patrie et les droits humains bafoués sur cette planète avec une kalachnikov,  mais qui recule de frayeur devant une araignée. 

Toujours est-il que je me pointe à sa chambre et que celui-ci me regarde les yeux horrifiés,  avec l’écume à la bouche, en pointant l’écran de son portable de l’index. «Regarde!  Mon argent s’est envolé»,  qu’il me dit en approchant  l’écran  plus près de moi. Pour un instant, je crois que je vais visualiser ses relevés de placements, lui qui ne jure que par ses actions dans un fonds «Chine élargie». Car oui, il a des placements, mais aussi, un REER et un CELI qu’il suit religieusement en tenant compte des mouvements internationaux et des concepts sagement appris dans un cours sur la mondialisation.  Mais non, cette fois, il s’agit de son relevé de frais de scolarité, un relevé 8 qui semble déclencher tout un émoi. 

Je consulte pour tenter de valider certaines informations avec lui. Quoi! Mais c’est mon argent à moi qui s’est envolé. (car oui, j’assume ses frais de scolarité, en partie). Notre cher gouvernement à m… comme dirait Yvon Deschamps nous en a passé une p’tite vite.  Il nous avait promis après le fameux printemps érable et la nuée de carrés rouges de ne pas augmenter les frais de scolarité. Évidemment, il ne l’a pas fait car il fallait bien calmer les ardeurs des manifestants puisque tôt ou tard, ces jeunes se pointeraient aux urnes. Ce cher gouvernement a réduit le crédit d’impôt des frais de scolarité en catimini pour le faire passer de 20% à 8% et ce, pour les sessions postérieures à l’hiver 2013. Comme si parents et étudiants, à l’image de la population vieillissante, nous allions tout oublier. Un bref calcul, me permet de valider que fils aura droit à un énorme crédit de 60$ pour avoir usé les bancs d’école 12 mois,  en  2013. Wow! La belle affaire! Tout pour encourager les jeunes à faire des études postsecondaires. 

Non sans avoir maugréé, j’allume soudainement en me disant que moi aussi,  j’ai repris le collier d’étudiant en 2013.  Je me rends donc sur le site de l’Université Laval pour visionner mon propre dossier d’étudiant en ligne.   Horreur monumentale, mes frais sont tout aussi amputés, moi qui ai consacré moult heures à peaufiner mes aptitudes en communication en m’engageant à la maîtrise.  Évidemment, mon langage s’est soudain mis à ressembler à celui d’un gars de chantier plutôt qu'à celui d'un érudit car j'ai l'impression de me faire avoir et une bachelière en administration, ça n'aime pas ce genre de tactique financière.

C’est ce qui s’appelle déshabiller Pierre pour habiller Paul. Comment la Première Dame, une ancienne enseignante, peut-elle cosigner une telle pratique? C’est abominable de vouloir contrer le décrochage scolaire et d’agir ainsi. C’est déjà si coûteux en temps, en argent et en vie social, des études postsecondaires  sans venir poignarder les étudiants dans le dos. En agissant de la sorte, Madame Marois va finir par refaire l’image de peuple «né pour un petit pain» de l’époque Duplessis et on va finir par être un peuple inculte. Déjà que la qualité du français est plus que dérisoire…

Si Madame Marois a su nous en passer une p’tite vite médiatique probablement pendant que les nouvelles étaient occupées à autre chose, sans doute occupées à couvrir la catastrophe dans ma ville natale, Lac-Mégantic. Elle devrait savoir que moi, j’ai la mémoire longue et qu’en général, ceux qui étudient longtemps ont une bonne mémoire aussi.  Mais moi, ma chère dame, avec tout le respect que je vous dois, je ne vais pas me cacher pour faire mes coups par en arrière même si je serai derrière un isoloir. Cette fois-ci,  mon «X», je saurai bien quoi faire avec. Le 7 avril prochain, je vous en conjure que ce n’est pas vous qui l’aurez. Me laisser berner par un élu (peu importe son allégeance) qui, de surcroît, est une ancienne enseignante et qui coupe en éducation? Je regrette mais je ne mange pas de ce pain-là. C'est de l'interventionnisme pas de gamme. Vous semblez oublier que ces jeunes sont notre avenir et que, si vous coupez dans leurs beaux projets, vous nous coupez l'herbe sous le pied à tout le peuple. Chère Madame Marois,  qui va vous soigner quand vous serez en âge de manger des purées?