jeudi 20 mars 2014

Quelques petits trucs fiscaux de dernière minute



Le printemps arrive officiellement aujourd’hui à 16h57 mais à voir toute cette blancheur qui couvre le sol, on se croirait en plein mois de janvier. Toutefois, qui dit printemps, dit déclaration de revenus et cette dernière, contrairement à ce printemps qui se laisse désirer, nous rattrape à chaque année et bien malchanceuses les marmottes qui tenteraient de se délester délibérément de leurs obligations fiscales en restant bien calées au fond de leur terrier. Car si l’hiver qui perdure vous rend « grumpy », ce n’est pas une raison pour ne pas produire votre déclaration de revenus puisque vous vous retrouverez en face d’un vérificateur encore plus « grumpy » que vous. 

Évidemment, il s’agit d’une tâche que peu d’entre nous entreprennent de gaieté de cœur. C’est long, fastidieux et parfois difficile de bien saisir les amendements aux lois fiscales et plusieurs contribuables bien que de bonne foi, croient avoir droit à certaines déductions alors que ce n’est pas le cas et d’autres ignorent certains crédits. En plus, comme citoyens du Québec, nous sommes vraiment privilégiés car nous devons produire deux déclarations plutôt qu’une. Lors d’un précédent billet, je vous ai informé de différents programmes sociofiscaux mais aujourd’hui, je vais vous donner quelques petits trucs qui permettront à certains d’entre vous d’économiser quelques sous sans soulever la grogne des vérificateurs. Certains de ces trucs par contre, devront être mémorisés car il faut les appliquer avant le dernier jour de février de l’année suivante.

Vous fêterez votre 71ème anniversaire cette année?
Faites une dernière contribution à votre REER, car tout titulaire d’un REER doit y mettre un terme au plus tard le 31 décembre de l’année civile au cours de laquelle il atteint l’âge de 71 ans afin de le  transférer dans un fonds qui lui permettra de le décaisser comme un FRV, par exemple. Vous allégerez ainsi votre fardeau fiscal tout en gonflant vos avoirs.

Cotisez au REER de votre conjoint

Vous atteignez la limite d’âge pour cotiser ou vous avez atteint le plafond de vos cotisations REER? Je vous suggère donc de cotiser au REER de votre conjoint afin de réduire à la fois votre revenu imposable et votre charge fiscale. De même, même si vous n’êtes ni dans l’une, ni dans l’autre des situations précédentes, vous auriez intérêt à le faire si l’un de vous gagnera beaucoup moins que l’autre à la retraite.  D’une part, vous y gagnerez immédiatement en économie mais au moment du retrait, vous la charge fiscale sera moins lourde puisque ce sera le conjoint qui effectuera le retrait qui sera imposé. N’oubliez toutefois pas qu’il s’agit d’un geste purement altruiste car vous ne pourrez récupérer le montant investi en cas de séparation. 


Investissez au nom de votre enfant mineur

Si vous transférez des sommes ou faites un prêt d’argent à votre enfant mineur, vous serez imposé sur les intérêts et les dividendes acquis. Toutefois, si vous achetez des actions de compagnie au nom de votre enfant mineur, dès son jeune âge, le rendement accumulé sera à l’abri de l’impôt jusqu’à sa majorité soit le moment auquel il pourra commencer à faire des retraits en capital en plusieurs montants raisonnables échelonnés sur plusieurs années et ces gains en capital seront imposés à moindre taux que s’il encaissait la somme accumulée en une seule fois.  Le mieux étant de faire les encaissements alors qu’il est encore aux études.


Payez votre étudiant de plus de 19 ans pour qu’il accomplisse certains travaux pour vous

Plutôt que de confier certaines tâches à des étrangers, confiez-les à votre enfant majeur aux études. D’accord, je sais que cela n’allégera pas votre fardeau fiscal à vous mais si vous exigez qu’il vous remette des reçus et qu’il déclare ses gains au fisc, il pourra bénéficier de crédits remboursables comme le crédit pour la TPS et la prime au travail. Bien que cela ne vous donne rien de plus à vous, la maisonnée bénéficiera tout de même de gains supplémentaires.


Remboursez vos retraits REER si vous avez profité du RAP

Si vous avez bénéficié du RAP (régime d’accès la propriété) pour acheter votre première maison, faites vos remboursements. Vous disposez de 15 ans pour rembourser les retraits. Si vous ne le faites pas, vous serez imposé sur le montant annuel que vous auriez dû rembourser.


60 ans et plus : partagez vos revenus avec votre conjoint

Si vous êtes âgé de 60 ans et plus et que vous bénéficiez des prestations de retraite du gouvernement fédéral, sachez que vous pouvez fractionner vos revenus de pension du fédéral avec votre conjoint. Ceci pourrait s’avérer très avantageux, surtout si votre conjoint n’a aucun gain à déclarer.


Comme vous pouvez le constater, il s’agit de trucs simples à mettre en pratique et qui ne requiert aucune connaissance particulière sinon de connaître leur existence.

lundi 10 mars 2014

Campagne électorale: Gauche, droite, gauche, droite…



Je m’excuse à l’avance pour ce billet car je suis consciente qu’il écorchera les oreilles de certaines personnes, mais je ne peux m’empêcher d’avoir une montée de lait vis-à-vis ce nouvel épisode du feuilleton M*A*S*H, version électorale. Vous vous souvenez de cette télésérie satyrique militaire dont les lettres signifiaient Mobile Army Surgical Hospital?  Pour moi, actuellement, c’est Mobile Abomination Starting Hallucinations. 

Non, mais comment suivre la cadence de cette marche militaire dirigée par madame Marois et qui, terminera son parcours, le 7 avril prochain?  Compliqué, dites-vous?  Je me demande si mon plus que lointain cousin, le général Dallaire, dirigeait ses bataillons ainsi. Gauche, droite, gauche, droite… Les vétérans ont quitté ou sont cloués à leurs fauteuils?  Pas grave, on sort les fantassins, les petits révolutionnaires qui arboraient fièrement  leur carré rouge (le rouge : couleur de la feuille d’érable  de notre drapeau canadien) durant le printemps érable.  

Tiens! On vire du rouge au bleu, tout à coup. C’est ce que j’appelle le «guidounage» politique et que d’autres, appelleront de l’opportunisme.  Parlant de printemps érable, il n’y pas que les érables qui ont coulé, cette année-là, l’encre aussi.  Rappelez-vous, les articles de journaux qui prenaient des airs de livres pour enfants. «Martine prône la gratuité scolaire», «Martine demande le gel des frais de scolarité en scandant sur une casserole».  Comme on dit, l’argent n’a pas d’odeur, qu’il vienne des prêts et bourses ou de la caisse du PQ.

Il me semble que ça ferait un nouveau tome à ma collection de livres de Martine : «Martine vire son capot de bord et moi, je m’emmerde» ou encore, «Martine tente d’expliquer à la FEUQ que c’est bien de dégeler les frais de scolarité et de couper dans les crédits d’impôt  pour études postsecondaires» .Toutefois, Martine, elle va se rendre compte, à la fin de sa campagne,  que ça fait mal quand ça dégèle, autant que chez le dentiste.  Ça fait surtout mal à l’orgueil. 

Au cours de la dernière campagne électorale, la première dirigeante féminine du bataillon péquiste clamait haut et fort qu’elle ferait du Québec un pays prospère qui se distinguerait dans la création d’emplois. Pire, qu’elle continuerait de creuser dans les tranchées commencées par l’ennemi en développant le plan Nord. La manne de l’emploi n’est pas passée en Estrie, en tout cas. À preuve, j’ai été obligée de créer mon propre emploi et 90% de ma clientèle est montréalaise.  Je comprends mal pourquoi une «no name» comme moi, mis à part le fait que j’ai une formation universitaire en administration, ait réussi à créer de l’emploi au Québec et à intéresser les gros de la métropole quand, la PM dispose de toutes les tribunes publiques pour faire savoir qu’elle veut faire travailler le Québec.  Il y en a eu quelques créations d’emploi, mais au mirobolant salaire horaire de 10.15$, de quoi se nourrir convenablement et surtout, accroître la motivation des salariés.

La PM se devait donc de sortir l’artillerie lourde pour se racheter, comme on dit. À court de munitions? Pas d’AK47? Pas grave, on sort le bazooka, modèle PKP, le modèle qui en fera baver aux Caquistes, aux Libéraux, à Québec Solidaire, mais surtout, aux gros bras de la FTQ.  Aussi, bienvenue dans le monde de la désinformation et je ne suis pas non plus certaine que les collègues du consortium vont être aussi neutres qu’à l’habitude. Il ne faut pas oublier que le patron se présente aux élections, ça cloue le bec de n’importe quel Martineau, ça. Et pour reprendre les paroles de mon ami, Louis, pourquoi ne pas nommer PKP, Ministre de l’emploi et de la solidarité sociale, tant qu'à y être? Si cela se produit, je vous prédis que Rambo va se présenter comme député au prochain scrutin.

Bref, après avoir discuté  de la présente campagne électorale avec  mon fils, qui étudie en politique internationale, celui-ci m’a avoué que la campagne actuelle est dirigée comme une république de bananes, « made in Quebec », pardon,  fabriquée en sol québécois, parce que les termes en anglais ne font pas partie du vocabulaire paulinien.  Comme ce vaillant jeune homme n’a pas la colonne molle comme Pauline, prête à faire des courbettes pour s’attirer des voix, il s’est rapidement senti interpellé par le contexte politique actuel et ensemble, nous avons regardé sur le web si des formations politiques avaient toujours des places disponibles dans notre circonscription.  Car, comme il l’a dit si bien : « Je ne peux être pire que ceux qui sont déjà en place». 

Sur ce point, j’avoue qu’il a entièrement raison, mis à part notre député sherbrookois au fédéral, Pierre-Luc Dusseault et le candidat caquiste de notre circonscription, Philippe Girard, il y a bien peu de gens qui se présentent en politique avec une formation en politique, en Estrie. Malheureusement, pour lui, aucune place disponible.  Et qu’aurait-il choisi, pensez-vous? Pas les clowns, comme notre ex Patapouf national car j’ai perdu mon emploi deux fois plutôt qu’une à cause de lui, pas le PQ, non plus, parce que comme plusieurs étudiants, il n’en a rien à cirer d’une matante qui «varge sur des chaudrons» pour te poignarder avec son couperet dans le dos, deux ans plus tard. La CAQ? Il ne sait pas, il ne connaît pas assez le programme et là, il jouerait dans les plates-bandes d’un autre étudiant en sciences po, car on habite la circonscription de Sherbrooke. 

«Il me resterait quoi, alors?», qu’il me demande.  Je le regarde du haut de mes quarante printemps et plus, lui qui n’en est qu’à son vingt-et-unième,  travaillant, persévérant, ne reculant jamais devant rien, athlète accompli, à qui un professeur de première année avait dit qu’il ne finirait jamais son secondaire et solidaire à son meilleur ami (depuis l’âge de 6 ans) qui a traversé bien des mauvaises passes et là, il ne me vient qu’un mot : «DEBOUT», l’ancien slogan de QS. 

Madame David, si vous cherchez un candidat persévérant,  honnête, qui a une formation en politique et qui ne courbera pas l’échine, j’ai celui qu’il vous faut. Là alors, vous pourrez remettre votre ancien slogan sur vos pancartes électorales et en prime, vous aurez un beau bonhomme très représentatif de votre parti car lui, il n’est pas comme votre principale adversaire, lui, il se tient DEBOUT!

mardi 4 mars 2014

2013: Annus horribilis pour les étudiants de niveau post-secondaire : Quand Pauline sort sa boîte de Pandore



Mamannnn… C’est le cri horrifiant que j’ai entendu en provenance de la chambre de mon fils au sous-sol.  Je croyais bien avoir à chausser mes espadrilles (je me promène toujours pieds nus) pour aller abattre une horrible bestiole poilue et menaçante de type arachnide, car mon fils en a une peur bleue, mais pas cette fois, heureusement ou malheureusement, selon que l'on doive débourser ou non.

Mon fils est la créature qui me fascine le plus sur cette terre. Heureux mélange entre un athlète de haut niveau et un solide bagage en politique internationale, il est le seul investisseur doué que je connaisse qui déteste les mathématiques mais qui réussit avec brio. Il est également le seul jeune homme que je connaisse qui est prêt à aller défendre sa patrie et les droits humains bafoués sur cette planète avec une kalachnikov,  mais qui recule de frayeur devant une araignée. 

Toujours est-il que je me pointe à sa chambre et que celui-ci me regarde les yeux horrifiés,  avec l’écume à la bouche, en pointant l’écran de son portable de l’index. «Regarde!  Mon argent s’est envolé»,  qu’il me dit en approchant  l’écran  plus près de moi. Pour un instant, je crois que je vais visualiser ses relevés de placements, lui qui ne jure que par ses actions dans un fonds «Chine élargie». Car oui, il a des placements, mais aussi, un REER et un CELI qu’il suit religieusement en tenant compte des mouvements internationaux et des concepts sagement appris dans un cours sur la mondialisation.  Mais non, cette fois, il s’agit de son relevé de frais de scolarité, un relevé 8 qui semble déclencher tout un émoi. 

Je consulte pour tenter de valider certaines informations avec lui. Quoi! Mais c’est mon argent à moi qui s’est envolé. (car oui, j’assume ses frais de scolarité, en partie). Notre cher gouvernement à m… comme dirait Yvon Deschamps nous en a passé une p’tite vite.  Il nous avait promis après le fameux printemps érable et la nuée de carrés rouges de ne pas augmenter les frais de scolarité. Évidemment, il ne l’a pas fait car il fallait bien calmer les ardeurs des manifestants puisque tôt ou tard, ces jeunes se pointeraient aux urnes. Ce cher gouvernement a réduit le crédit d’impôt des frais de scolarité en catimini pour le faire passer de 20% à 8% et ce, pour les sessions postérieures à l’hiver 2013. Comme si parents et étudiants, à l’image de la population vieillissante, nous allions tout oublier. Un bref calcul, me permet de valider que fils aura droit à un énorme crédit de 60$ pour avoir usé les bancs d’école 12 mois,  en  2013. Wow! La belle affaire! Tout pour encourager les jeunes à faire des études postsecondaires. 

Non sans avoir maugréé, j’allume soudainement en me disant que moi aussi,  j’ai repris le collier d’étudiant en 2013.  Je me rends donc sur le site de l’Université Laval pour visionner mon propre dossier d’étudiant en ligne.   Horreur monumentale, mes frais sont tout aussi amputés, moi qui ai consacré moult heures à peaufiner mes aptitudes en communication en m’engageant à la maîtrise.  Évidemment, mon langage s’est soudain mis à ressembler à celui d’un gars de chantier plutôt qu'à celui d'un érudit car j'ai l'impression de me faire avoir et une bachelière en administration, ça n'aime pas ce genre de tactique financière.

C’est ce qui s’appelle déshabiller Pierre pour habiller Paul. Comment la Première Dame, une ancienne enseignante, peut-elle cosigner une telle pratique? C’est abominable de vouloir contrer le décrochage scolaire et d’agir ainsi. C’est déjà si coûteux en temps, en argent et en vie social, des études postsecondaires  sans venir poignarder les étudiants dans le dos. En agissant de la sorte, Madame Marois va finir par refaire l’image de peuple «né pour un petit pain» de l’époque Duplessis et on va finir par être un peuple inculte. Déjà que la qualité du français est plus que dérisoire…

Si Madame Marois a su nous en passer une p’tite vite médiatique probablement pendant que les nouvelles étaient occupées à autre chose, sans doute occupées à couvrir la catastrophe dans ma ville natale, Lac-Mégantic. Elle devrait savoir que moi, j’ai la mémoire longue et qu’en général, ceux qui étudient longtemps ont une bonne mémoire aussi.  Mais moi, ma chère dame, avec tout le respect que je vous dois, je ne vais pas me cacher pour faire mes coups par en arrière même si je serai derrière un isoloir. Cette fois-ci,  mon «X», je saurai bien quoi faire avec. Le 7 avril prochain, je vous en conjure que ce n’est pas vous qui l’aurez. Me laisser berner par un élu (peu importe son allégeance) qui, de surcroît, est une ancienne enseignante et qui coupe en éducation? Je regrette mais je ne mange pas de ce pain-là. C'est de l'interventionnisme pas de gamme. Vous semblez oublier que ces jeunes sont notre avenir et que, si vous coupez dans leurs beaux projets, vous nous coupez l'herbe sous le pied à tout le peuple. Chère Madame Marois,  qui va vous soigner quand vous serez en âge de manger des purées?

jeudi 27 février 2014

Accros aux programmes de fidélisation, lisez ceci!



Petite histoire des programmes de fidélisation
Jadis, nos grands-mères ramassaient les dollars Canadian Tire pour sauver quelques dollars sur le budget familial ou pour payer un vélo à la fin de l’année scolaire au petit dernier. Ensuite, ce fut le club Z qui, avec son catalogue, nous permettait de s’offrir une petite douceur pour avoir été fidèle l’année durant. Aujourd’hui, les cartes qui font craquer notre porte-monnaie sont nombreuses.  Air Miles, Aéroplan, Pétro-Points, Points Optimum sont des programmes de fidélisation bien connus de tous. Selon une récente étude, soixante-dix pour cent des familles canadiennes font partie d’au moins un programme de fidélisation. Mais ces programmes profitent-ils vraiment aux consommateurs ou ne sont-ils qu’une tactique de la part des entreprises pour inciter leur clientèle cible à dépenser davantage et ainsi, garnir leurs coffres? Selon le magazine The Economist, au total et tous programmes confondus, il y aurait plus de points bonis de tout genre  que de dollars américains en circulation sur la planète. .En fait, les programmes de fidélisation sont si populaires qu'ils sont devenus, en quelque sorte, une monnaie parallèle.


Combien ça coûte être fidèle?
 
Si la fidélité semble rapporter en amour en vous évitant d’énormes frais juridiques puisque vous ferez probablement un pied de nez au divorce, il semblerait qu’au niveau conso, ce ne soit pas toujours le cas.
Peu importe le genre de produits ou services que l’on offre au consommateur, qu’il s’agisse d’un grand magasin, d’un comptoir à café, d’un cinéma ou d’une pharmacie, les cartes de fidélité sont omniprésentes. Il y en a même sur les gobelets à café du McDo! Cette stratégie serait payante pour le marchand puisque plusieurs consommateurs choisiraient pour les achats courants comme l’épicerie, de faire toutes leurs emplettes sous la même bannière pour obtenir des récompenses.
Pour le consommateur, que valent ces points et surtout, combien doit-il dépenser pour se procurer une récompense? Par exemple, pour se procurer un grille-pain à 4 fentes, avec le programme Air Miles, vous devrez avoir accumulé 875 milles, ce qui représente des achats pour un montant total de 17 500$, à moins d’avoir bénéficié des journées de primes ou de coupons doubleurs ou tripleurs de milles de récompense. Il faut, en effet, dépenser 20$ pour avoir droit à un seul mille de récompense. Il arrive parfois que le nombre de points requis changent subitement et que le consommateur qui se croyait être si près de se procurer ce voyage, par exemple, doive patienter et dépenser davantage pour s’offrir son rêve.
Les cartes de crédit à points
Outre le fait qu’il faille dépenser beaucoup d’argent pour obtenir les récompenses souhaitées, plusieurs programmes de fidélisation encouragent l'utilisation de cartes de crédit quand ce ne sont pas les cartes de crédit, elles-mêmes, qui sont associées à un tel programme. Plusieurs d’entre elles, augmentent également le nombre de points obtenus si vous portez l'achat à votre compte. Il s’agit toutefois d’une tactique qui finit par coûter cher au consommateur puisque les cartes de crédit comportent parfois des frais annuels fixes sans oublier leurs hauts taux d'intérêt.  

Des achats inutiles et des victuailles plus coûteuses
Plusieurs consommateurs pourraient éventuellement dépenser plusieurs dollars de plus que le budget initialement alloué pour un achat simplement pour avoir droit aux points bonis. Sans vouloir, discréditer la chaîne d’alimentation IGA, par exemple, outre le fait que la viande y est d’une fraîcheur exemplaire, les items y sont généralement plus chers que chez les concurrents Donc, pour une somme identique, le consommateur se procure moins de denrées qu’ailleurs, simplement pour le plaisir d’obtenir des milles de récompense. 

De plus, les points bonis pourraient inciter certains d’entre eux à acheter des biens dont ils n’ont carrément pas besoin. Même chose pour la promotion qui permet d’économiser cinq sous le litre d’essence aux titulaires de la carte Air Miles à l’achat de 70.00$ d’épicerie. Par exemple, l’autre jour, une dame à qui il manquait cinq dollars pour atteindre le fameux 70.00$ s’est procuré pour cinq dollars de malbouffe pour profiter de la prime. D’une part, les cinq dollars furent investis dans des calories vides mais en plus, en faisant le compte, la dame aura encaissé une perte sèche de trois dollars car en remplissant son réservoir d’essence, qui contient 40 litres, elle aura économisé un gros cinq sous le litre, soit la somme astronomique de deux dollars. Elle aura ainsi dépensé cinq dollars pour en économiser trois. Selon ma conception des choses, j’estime qu’elle a encouru une perte de cinq dollars puisque cinq dollars de malbouffe, c’est un mauvais investissement et encore plus, quand il s’agit d’encaisser une perte pour économiser sur l’essence. Et ce que l’histoire ne dit pas, c’est si elle dû parcourir des dizaines de kilomètres pour acheter ladite essence car on ne pouvait profiter de la promotion que chez Shell.
L’incitation à consommer
L'avantage est indéniable du côté des marchands car les cartes de fidélité permettent de cibler les consommateurs en fonction de leur profil d’acheteur et de leurs habitudes de consommation. Les consommateurs laissent des traces lors de leurs achats effectués avec les cartes fidélité. Ceci permet aux marchands de leur envoyer des coupons ou des courriels publicitaires axés sur leurs habitudes de consommation. Certains consommateurs pourraient donc être tentés de mordre à l’hameçon et de faire des achats impulsifs.
Sommes-nous protégés?
Finalement, il faut s’interroger à savoir si les informations personnelles que les marchands obtiennent avec ces cartes, de même que nos habitudes de consommation, sont bien protégées et si elles ne seront pas partagées avec d’autres organismes qui chercheront à leur tour, à nous fidéliser ou à nous vendre leurs marchandises. Cette question mérite fortement d’être considérée.
Pour conclure, loin de moi l’idée de vous dire de mettre vos cartes de fidélisation à la poubelle. Je vous invite par contre, à faire preuve de prudence et de modération lors de leur utilisation et de vous demander si les transactions que vous vous apprêterez à conclure avec celles-ci seront réellement à votre avantage.