mardi 13 mai 2014

Journaliste inc. vendrait ses services

L'été approche et je commence à m'ennuyer de la présence de collègues, pas que je n'aime pas mes clients mais j'aimerais bénéficier de l'énergie des collègues. La vie de pigiste n'est pas tous les jours facile car certains recruteurs, qui n'ont toujours pas compris, ont l'impression que tu vis dans un monde de rêve à pelleter des nuages et à mener une vie de bohème. Bref, ils n'ont aucune notion que tu es un entrepreneur et que tu dois vendre tes services et adopter un créneau particulier pour atteindre ton marché cible. Hum! Mon vocabulaire commence davantage à ressembler à celui d'un administrateur qu'à celui d'un journaliste. Ils n'ont pas la moindre idée non plus, que quand tu es entrepreneur, tu es autonome et qu'on n'a pas besoin de te dire quoi faire car tu es déjà loin de la ligne de départ quand lui, il commence à peine à se réveiller. Il n'a pas la moindre idée, non plus, que tout trotte vite dans ta tête car tu dois planifier, diriger, gérer et coordonner ton entreprise et non seulement t'asseoir sur ton steak en attendant d'être assigné à un événement. Bref, je n'aime pas du tout ce genre de gestionnaire qui te regarde de haut et crache sur ton expérience connexe plus que suffisante alors que tout ce qu'il recherche c'est le culte de la jeunesse et de l'inexpérience (sic). 

Je suis tout à fait consciente que mon parcours n'est pas banal: bacc en administration des affaires, assorti d'une maîtrise en comm et d'une vaste expérience d’enquêteur dans les institutions publiques et parapubliques de même, que dans le domaine municipal. Cela ne ferait-il pas de moi la candidate parfaite pour couvrir la Commission Charbonneau, surtout que j'ai parmi ma clientèle, l'Association des ingénieurs municipaux du Québec et que j'ai rédigé un mémoire pour eux, aux fins de ladite commission?  Il semble que non. D'autant plus que j'ai l'hérédité journalistique dans les veines car mon père fut un journaliste respecté dans sa carrière et que le frère de ma mère, lui, est la voix journalistique de la région la plus connue du monde depuis le 6 juillet 2013.


En connaissez-vous beaucoup vous, des journalistes qui, a l'âge de 6 ans, avaient déjà couvert un incendie majeur, arpenté les couloirs du Palais de justice en attendant que les procureurs daignent répondre aux demandes médiatiques, fait le tour des événements judiciaires nocturnes avec les policiers et qui,  à 8 ans avaient déjà passé pas mal de temps dans une station de radio ou inventé des bulletins de nouvelles dans la vieille télé désuète du sous-sol ou qui,  après seulement le premier trimestre en première année lisait les journaux au lieu de lire les aventures du Petit chaperon rouge. En connaissez-vous qui ont rédigé pendant toute la durée de leurs études secondaires des nouvelles dans le journal de leur école? Ou des journalistes de 3ème année du primaire qui se font dire que la rédaction qu'il ont remise au professeur a été écrite par son père parce que le français y est impeccable et qu'il n'y a aucune faute dedans? Je suis certaine que non. Moi, j'ai vécu tout ceci parce que mon père était pigiste à ses débuts et que j'ai couru les événements avec car à l'époque, les garderies à 7.00$ n'existaient pas.

Faut pas dire non plus, à la dame qui se tient devant l’intervieweur, qu'elle n'a aucune expérience dans les interviews quand elle a à son actif un minimum de 600 interrogatoires en tant qu'enquêteur dans le ministère que tout le monde redoute. J'avoue qu'à ce moment, je m'ennuyais cruellement de mon ancien poste parce que je crois que je l'aurais passé à tabac et qu'il aurait vite compris que la dame au Revenu, elle pose des questions plus pointues que ses reporters et auxquelles ça te tente pas pantoute de répondre... Bref, mon expérience tient plus du journalisme d'enquête à laquelle on assortit une pénalité et un gros trou dans le porte-feuilles que des chiens écrasés, bref, une version JE bonifiée parce que t'as pas besoin de la Loi d'accès à l'information pour obtenir tous les documents que tu veux. 

Faut pas dire non plus à la dame, qu'elle possède une connaissance insuffisante de la région quand elle y est née, qu'elle a fait une étude socio-démographique de la MRC du Haut-St-François, qu'elle a monté un dossier de 46 pages sur la pire tragédie ferroviaire du Canada, qu'elle connaît la MRC de Memphrémagog beaucoup plus que lui car elle a été l'adjointe d'un maire qui était dans tous les comités et qu'elle a été la mère du maire du plus beau village du monde pendant 4 ans avec le privilège d'être son attachée de presse, surtout quand on embauche une personne pour qui la ville de Sherbroooke se résume au campus de l'UdeS. 

Bref, tout pour vous dire que mon entretien d'embauche s'est déroulé comme une mauvaise comédie de série B et que j'avais  l'impression de faire rire de moi et d'avoir l'air d'une bête curieuse plutôt que d'une candidate.

Lorsqu'on m'a demandé ce que je souhaiterais le plus pour objectif de carrière, je leur ai répondu que j'aimerais beaucoup être journaliste d’enquête pour l'Agence QMI et on m'a répondu que c'était que des personnes d'exception qui pouvaient y aspirer. Ce n'est pourtant pas ce que mon ancien patron m'a déjà dit que j'étais?




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